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Mues

Publié le 07/11/2015 à 10:28 par babayaga
Mues

  

Un puits de goudron où tournoient des corbeaux

Je marche dans la ville

La face fendue

Sur mon crâne se dressent des serpents hideux

Et mon ventre béant

Fume

Je laisse sous mes pas une trace sombre

Le sang répandu

De mes ombres

Les gens que je croise ne semblent pas reconnaître

L’hydre

L’affreuse bête

Et marchent en baissant la tête

Devant le lycée trois adolescents tirent sur leur clope

Et ne sont pas effrayés

Par la femme monstre qui traverse devant eux

À pas pressés

Le visage déchiré

Sur la place devant l’école

Un homme tient par la main un petit garçon

Derrière lui sa sœur pleurniche

Elle se fait gronder

Le ton monte

Le père est agacé

Je sens l'habitude de sa colère

La peur de la fillette

Et j’ai de la peine pour eux trois

Ou bien quoi?

Je fuis vers ma voiture

Dans mon rêve

Un homme me poursuivait

Le visage déformé par la haine

Je cours paniquée

Car je le reconnais

Je porte en moi

Cette folie

Que je voudrais décimer

A coups de hache bien ajustés

 

Comment procéder ?

 

version n  (postée, puis enlevée puis relue puis remâchée, puis recrachée, et repostée. ou les aléas de la mue. )

 

Un puits de goudron où tournoient des corbeaux s’est ouvert sous mes pas, encore une fois.

Je marche dans la ville, la face fendue, sur mon crâne se dressent des serpents et de mon ventre béant fument des mues.Sous les lampadaires je suis nue, ils déversent en plein jour attachées à mon corps, à mes gestes, à ma voix, mes angoisses hybrides et qui ne se voient pas. 

Je laisse derrière moi une trace sombre, sur le macadam traînée visqueuse, le sang répandu d’entre les ombres, mes squames ténébreuses...Pourtant les gens que je croise ne semblent pas reconnaître l’hydre, l’immonde bête, ils marchent  vite,  baissent la tête.

Devant le lycée trois adolescents tirent sur leur clope, sans un regard pour la femme morte qui traverse devant eux à pas pressés, déchirée. 

Un homme tient par la main un petit garçon plus loin, sur la placette, derrière eux sa sœur pleurniche, le ton monte, le père est agacé, suffisamment pour que je sente dans sa voix l’habitude de sa colère, la peur de la fillette.

Et j’ai de la peine pour eux trois.

Ou bien quoi ? 

Je fuis vers ma voiture.

Dans mon rêve un homme me poursuivait le visage déformé par la haine. Je cours paniquée car je la reconnais, cette folie que je porte en moi, que je voudrais décimer à coups de hache bien ajustés.  

Comment procéder ?

 

 

Commentaires (2)

Loukristie le 11/11/2015
Je n'oserais même pas vouloir décrypter ton rêve dans un de ces dictionnaires dont ils ont le secret, j'aurais bien trop peur d'y apprendre encore davantage de quels noirs corbeaux ton âme est remplie... (non je blague)
Enfin bref j'adore une fois encore car le noir est un bel habit finalement...
http://loukristie.centerblog.net


danskeletajerre le 18/11/2015
La ville, je la vois grise, tu la vois noire.
http://danskeletajerre.centerblog.net


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